Historique
du couvreur
Le couvreur joue un rôle considérable dans la construction
d'une habitation, non seulement du point de vue matériel
mais également du point de vue esthétique. Il
est évident qu'il y a des couverture plus ou moins belles
mais on remarque que le fait de refaire à neuf la couverture
d'une maison change complètement son aspect extérieur,
beaucoup plus que refaire uniquement la façade. Du reste
les 2 sont indissociables.
Le métier du couvreur est très diversifié.
L'homme de métier doit être capable de travailler
beaucoup de matériaux : ardoise, tuile romane plate et
de pays mais aussi tuile vernissée qui orne nos clochers,
lauze, bois, zinc, cuivre, plomb, étain ... etc. De plus
il doit savoir se débrouiller dans d'autres métiers,
il n'est pas rare qu'il soit appelé à refaire
une souche de cheminée. On n'a jamais finit d'en apprendre.
Dès son jeune âge tout garçon normalement
constitué peut être un futur couvreur à
la simple condition qu'il possède quelques aptitudes
physiques communément répandues: sens de l' équi
libre et de l'observation, souplesse et endurance. D'autres
qualités peuvent être innées, s'acquérir
ou se développer: sens du matériau, maîtrise
face au vide, méthode et pondération, esprit d'équipe.
Les couvreurs naissent donc sur tous les sols. La simple hutte
de paille africaine, les pagodes d'Extrême-Orient aux
tuiles ouvragées, comme la flèche de la Sainte-Chapelle
ou les gratteciel américains en attestent. Cependant,
certaines influences favorisent l'éclosion d'un couvreur:
les conditions d'exercice du métier, le matériau,
le milieu social.
Un adolescent peut ressentir de vifs attraits pour le métier
et surtout pour ses conditions d'exercice. La vie en plein air
constitue le premier attrait: le couvreur est par excellence
l 'homme de dehors, habitué au vent, à la pluie,
mais bénéficiant grandement des longues et belles
journées d'été. La confrontation avec les
éléments naturels en fait un homme sain, robuste.
Une certaine liberté dans le travail est le second attrait.
Choisir, organiser, accomplir son travail comme il l'entend,
en n'ayant à tenir compte que de certains impératifs
des autres métiers, essentiellement maçons et
charpentiers, est bien tentant pour un jeune.
Tout se passant là-haut où personne n'ose trop
se risquer, il pressent qu'il sera souvent comme le seul maître
de son ouvrage, il goûte à l'avance la variété
des lieux de travail et des problèmes à résoudre,
car les chantiers, chaque fois différents, lui permettront
d' imprimer à chaque ouvrage son caractère particulier.
Le sentiment d'être utile joue aussi: debout sur son toit
terminé, l'homme sera heureux et fier de l'uvre
accomplie, qu'il s'agisse du plus bel édifice, clocher
ou dôme dominant la ville, ou de la maison la plus humble.
Dans tous les cas, il y aura mis un de lui-même pour le
bien des autres.
Termes de chantier Bécane
Expression donnée à une plieuse de chantier, se
rapporte en particulier à la tringle à ourlet,
du fait que les manivelles sont placées comme les pédales
d'un vélo, pour rouler à deux une longueur d ourlet
de 1 ou 2 mètres.
Clou auoleil
Veut dire que des têtes de clou sont apparentes, ceci
étant néfaste à la longévité
de ces clous. Ceci par ailleurs est illogique, sauf pour les
clous fixant par exemple des ardoises sur un arêtier ou
un faîtage en lignolet, les clous seront choisis en cuivre.
Donner du DIOU
Lors de l'utilisation d'un cordeau, après avoir battu
plusieurs traits, on demande du mou, de façon à
obtenir une nouvelle longueur de cordeau imprégné
de poudre, de manière à battre d'autres traits
bien visibles.
Etaler la bleue
Expression voulant dire que l'on pose de l'ardoise, plus particulièrement
sur des surfaces de plan carré sans pénétrations
en nombre.
Erre à la pêche
Se traduit par le fait que l'on est sans travail, ce qui en
vérité est plutôt rarissime dans la profession.
Gendarme
Expression donnée aux entailles que l'on fait sur le
relief d'une bande de solin, celles-ci étant repliées
en
forme de boucle, de façon à obtenir une meilleure
adhérence du solin sur le relief de la bande.
Planter le bouquet ou mettre le drapeau
Consiste à poser un bouquet de fleurs au faîtage
au bord des rives, signifiant que les travaux sont terminés,
ceci se traduit généralement par le " pot"
traditionnel du propriétaire, ou la remise d'un pourboire
aux ouvriers. Le bouquet reste néamnoins une tradition
en province, mais guère en vi Ile.
Soleil
Se dit lorsqu'une feuille de zinc a reçu des chocs avant
son utilisation, ou au cours de sa manipulation avant la pose.
Se dit également qu'elle forme des soleils (gondolations),
étant posée avec un manque de dilatation.
Tas (sur le)
Terme voulant dire qu'une personne a appris, ou est en cours
d'apprendre le métier directement SUI les
chantiers, n'ayant suivi aucune formation professionnelle scolarisée
et aucun cours.
Vedette
Personne chargée de la surveillance sur la voie publique
pendant l'élaboration ou la dépose d'un échafaudage,
son rôle est d'approvisionner les éléments
constituant ce dernier, par l'apport d'une poulie, ou autre
moyen de levage.
Garder le gras
Récupération du vieux zinc, plomb ou cuivre pour
le revendre et faire une gamelle
Gamelle
Aller manger
Le coucou
Zingueur à Paris.
Faire chauffer la marmite
C'est allumer le brasier pour faire chauffer le fer à
souder.
Us et coutumes
Il y a plusieurs Patron dont Saint Julien et La Trinité:
Saint Julien l'hospitalier, parce que
" L'hospitalité ne se conçoit que sous un
toit" COUTUMES
Le baptême du couvreur: il consiste, après être
admis par les ouvriers, a lui briser sur la tête une bonne
ardoi se.
La fin d'un chantier se marquait par la pose d'un simple épis
ou d'une girouette en zinc ou en fer blanc qui personnalisait
le propriétaire par sa composition folklorique sans doute
naïve mais combien attachante.
Témoin d'une époque où les relations entre
le client et l'homme de métier n'étaient pas uniquement
dictées par des impératifs financiers, mais tenaient
compte des valeurs humaines les pl us précieuses.
Glossaire Compagnon
Homme de métier hautement qualifié capable d'assurer
seul tous les travaux de la couverture. Etymologie ~ du latin:
cum : avec, panis : pain, qui partage le rnêrne pain.
Coq
En architecture le symbole de la résurrection, de la
vigilance, de la virilité. Selon un usage français
qui remontrait au Ve siècle, mais plus certainement au
VIlle siècle, on le place au sommet des édifices
religieux (flèche, clocher), mais aussi de certaines
constructions importantes laïques. Il fait souvent office
de girouette. Une coutume ancienne veut que la descente et surtout
la montée ou la temeatée du coq, à l'occasion
de travaux sur l'édifice qu'il surmonte, soit l'objet
d'une fête associant les couvreurs et les habitants du
lieu.
Enclume
Pour la couverture en ardoise fine, outil en acier en forme
de T. Sa lame, horizontale ou courbe, est appelée table
~ la partie verticale, légèrement courbe et pointue,
se plante dans une pièce de bois assurant ainsi la fixation
de l'outil pendant l'utilisation. Sur sa face supérieure
et légèrement biseautée, l'enclume reçoit
l'ardoise dont le perçage ou la coupe sont effectués
avec le marteau de couvreur dont elle est le complément
essentiel.
Gendarme
Entaille pratiquée dans une bande métallique devant
recevoir un solin de mortier ou de chaux. Le gendarme sert à
retenir ou à arrêter le mortier ou la chaux d'où
familièrement son nom.
Girouette
Ouvrage métallique d' ornementationet servant parfois
à indiquer la direction des vents. La girouette est placée
dans le plus haut potnrëes.oombles et peut faire partie
d'un épis.
Lauze, lause ou lose
Matériau de couverture schisteux, calcaire ou de grès
débité en élément plus ou moins
régulier de forme et d'épaisseur. Il y a parfois
des difficultés à établir des différences
entre la lauze et j'ardoise de formes et de dimensions semblables.
Les lauzes sont posées sur un support en bois ou en maçonnerie
(voûte) elles sont clouées ou scellées.
Les couverture en lauze sont encore nombreuses en France: la
Lozère, la Corèze, le Cantal, le Haut-Pays Niçois
et la Corse
Marmite
Sorte de seau en tôle dans lequel le couvreur faisait
autrefois chauffer au charbon de bois les fers à souder.